Pour ceux qui souhaitent en savoir plus sur les auteurs, les interprètes, il existe un site réellement remarquable par sa richesse :
http://www.chanson.udenap.org/




lundi 16 février 2009

Dranem – La Vigne aux Moineaux (Chanson Bourguignonne)

Enregistrement de 1931

En pleine région Bourguignonne
Vivait une famille dont
Toutes les filles étaient vign’ronnes
Et tous les garçons vignerons
Comme leur nom c’état Moineaux
Les gens chantaient dans le hameau

Ils sont dans les vignes les Moineaux
Ils sont dans les vignes les Moineaux
Ils ont mangé les pépins
Ils ont craché les raisins
Ils sont dans les vignes les Moineaux
Ils sont dans les vignes les Moineaux
Ils ont mangé les raisins
Ils ont craché les pépins
Ah, ah, ah ah ah, ah ah ah, ah ah ah
Ah, ah, ah ah ah, ahahahahaaaah

Ils ne descendaient au village
Qu’aux vendanges, or un jour on vit
La petite Margot qu'on croyait sage
Avec un ventre comme un baril
Elle était au bras d’son cousin
Pas d’erreur chanta tout l’patelin

Ils sont dans les vignes les Moineaux
Ils sont dans les vignes les Moineaux
Elle a mangé les raisins
Elle a gardé les pépins
Ils sont dans les vignes les Moineaux
Ils sont dans les vignes les Moineaux
Elle a mangé les raisins
Elle a gardé les pépins
Ah, ah, ah ah ah, ah ah ah, ah ah ah
Ah, ah, ah ah ah, ahahahahaaaah

Ils se marièrent après la messe
Mais la veille de les unir
L’curé appris tout à confesse
Et l’dimanche avant de les bénir
En chaire il se mit à prêcher
Seigneur « pardonnez leurs péchés »

Ils sont dans les vignes les Moineaux
Ils sont dans les vignes les Moineaux
Mais en grignotant l’raisin
Elle a avalé l’pépin
Ils sont dans les vignes les Moineaux
Ils sont dans les vignes les Moineaux
Mais en grignotant l’raisin
Elle a avalé l’pépin
Ah, ah, ah ah ah, ahahahahahah
Ah, ahahahah, ahahahahaaaah

Bref comme ça tient de famille
Ils ont déjà eu treize loupiots
un Auvergnat et vingt deux filles
Comme de vrais petits moineaux
Feront la vendange à leur tour
Pour le bon vin et pour l’amour

Ils sont dans les vignes les Moineaux
Ils sont dans les vignes les Moineaux
Ils ont mangé les raisins
Ils ont craché les pépins
Si cette chanson vous énerve
Nerve, nerve, nerve, nerve
Afin de vous énerver
On va la recommencer
Ah, ah, ah ah ah, ah ah ah, ah ah ah
Ah, ah, ah ah ah, ahahahahaaaah

Dans les vignes les Moineaux
(parlé) Ah ben t’en fait encore un alors
Il faut manger les raisins
(parlé) Ah ben non alors c’est la barbe alors
Ils sont dans les vignes les moineaux
Ils sont dans les vignes les moineaux
Ils ont mangé les raisins
Ils ont gardé les pépins

Dranem – Henri, pourquoi n’aimes-tu pas les femmes ? (opérette Louis XIV)

Enregistrement de 1929

Déjà quand j’étais moutard
Rempli de malice
Je refusais furibard
Le sein d’ma nourrice
Ah quelle horreur
Ca sentait l’beurre
J’aimais mieux l’précepteur

Pourquoi n’aimes-tu pas les femmes ?
Henri, Henri, Henri c’est pas gentil
C’est qu’elles font trop de drames
Et de chichis, elles font aussi des p’tits
C’est pourquoi j’ai une préférence inaltérable
En amitié pour tous mes semblables
Pourquoi n’aimes-tu pas les femmes ?
Henri, Henri, Henri c’est pas gentil

On s’amuse tellement plus
Quand on est entre hommes
Tous les plaisirs de Vénus
Moi cela m’assomme
A priori, j’aime quand on rit
Avec des bons amis

Pourquoi n’aimes-tu pas les femmes ?
Henri, Henri, Henri c’est pas gentil
C’est qu’elles font trop de drames
Et de chichis, elles font aussi des p’tits
C’est pourquoi j’ai une préférence inaltérable
En amitié pour tous mes semblables
Pourquoi n’aimes-tu pas les femmes ?
Henri, Henri, Henri c’est pas gentil

C’est n’est peut-être après tout
Qu’un manque d’habitude
La vérité voyez-vous
C’est une attitude
Je crois que si
On m’initie
Ce s’ra très réussi

Pourquoi n’aimes-tu pas les femmes ?
Henri, Henri, Henri c’est pas gentil
Ah ça y-est, j’adore les femmes
Elles ont leur prix
Et j’ai très vite appris
Je suis d’venu un homme à femmes
Elles m’enflamment
C’est bien plus doux, et je le proclame
Ca y-est il adore les femmes
Henri, Henri, Henri c’est très gentil

Dranem – Folle complainte

Création : 1910 - enregistrement : 1911

[Présentation]
Folle complainte, chantée par Dranem.

J’avais une maîtresse, un ange
Je l’appelai mon arc en ciel
Parce qu’elle avait des yeux étranges
L’un en verre l’autre naturel
Elle déposait son œil de verre
Tous les soirs sous son oreiller
Sans l’vouloir j’lai foutu par terre
En tombant son œil s’est cassé

Et depuis ce jour
Ma vie est rompue
Fini notre amour
Car mon ingénue
A dit sans détour
Je t’ai assez vu
J’attends son retour
Mais j’crois qu’c’est un four
J’ai fait tout le tour
Des rues des faubourgs
Pauvre troubadour
Je suis fou d’amour
Et je suis [foutu?]

Brrrrrrrrr.

Voilà pourquoi
Ma maitresse est partue

Pourtant je savais que la belle
M’avait trompée plus d’une fois
Ca prouve que mon infidèle
N’était pas une femme en bois
Elle aimait des [genres?] historiques
Un jour je l’avais enfermée
Pour se donner des airs antiques
Elle est descendue décroisée

Sur son grand sofa
Si vous l’aviez vue
Je ne pouvais pas
Calmer la goulue
Elle aimait en sac
Trouvant dans la rue
Elle faisait du plat
Aux flics aux soldats
Au fils du bougnat
Au boucher d’en bas
Tous ces scélérats
Mataient ses appâts
Ces deux œufs sur l’plat
Et son radada
Brrrrrrrrr

Voilà pourquoi
Ma maitresse m’a trompu

[parlé]
Ah j’aime mieux ce ton là
Puis c’était un p’ti peu haut tout à l’heure

Sa bouche était hospitalière,
Si grande qu’un jour elle fit l’pari
d’avaler une banane entière
Ce fut fait comme elle l’avait dit
Bien mieux j’viens d’apprendre que ma [nièce??]
Hier dans la rue des Martyrs
Avala un aréroplane
Qu’un gosse avait laissé partir

Cette espèce d’oiseau
Lancé dans les nues
Traversa l’goulot
De sa gorge nue
Fit l’tour des boyaux
Et chose imprévue
Ressortit bientôt
Mais pas par le haut
Mais par le trou de
[ ? ? ? ? ? ? ? ? ?]
[ ? ? ? ? ? ? ? ? ?]

(parlé)
Arrête, arrête mon vieux
Moi j’peux plus
Quoi dont j’peux plus
Je dis que j’peux plus

Voilà pourquoi
Ma maîtresse est morue

Dranem – Tu sens la menthe (Chanson idiote)

Création : 1906 - enregistrement : 1907

[Présentation]
Tu sens la menthe, chansons spirituelle et « mentheuse » Chantée par Dranem

D’ chez l’coiffeur sortant l’autre semaine
Où j’ m’ étais fais raser l’menton
Dans la rue j’rencontre une ancienne
Qui m’embrasse et m’dis tu sens bon
Moi très flatté du compliment
Je lui réponds très galamment

Pétronille tu sens la menthe
Tu sens la pastille de menthe
Tu sens la menthe pastillée
Entortillé
Dans du papier
Papier
Papier
Papier Mâché

(parlé) Aaaah ! Aaaah !
C’est intelligent, hein !
Aaaah !

Le soir même de mon hyménée
Quand l’ cérémonial fut fini
Ma femme me dit très emballée
Une heure avant de se mettre au lit
Je sens que j’taime mon bon chéri
Non c’est pas ça qu’tu sens qu’ j’ lui dis

Pétronille mais tu sens la menthe
Tu sens la pastille de menthe
Tu sens la menthe pastillée
Entortillé
Dans du papier
Papier
Papier
Papier vergé

[parlé] Aaaah ! Ooooh ! Aaaah !
C’est idiot !
Ooooaaaah !

Dans un bal donné par Fallières*
J’vois une gigolette pas banale
J’en fais tout d’suite ma cavalière
Et dansa (? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ?)
Elle m’dit j’te sens plus du tout
Non c’est pas ça qu’tu sens mon chou

Pétronille mais tu sens la menthe
Tu sens la pastille de menthe
Tu sens la menthe pastillée
Entortillé dans un morceau d’papier
Papier
Papier
Papier quadrillé

[parlé] Iiiih ! Aaaah ! Aaaah ! Aaaah ! Ooooh !
C’est malheureux d’chanter des choses comme ça à mon âge, hein !

Ce matin j’rencontre ma cousine
Elle avait un air tout changé
Je lui dis tu n’as pas bonne mine
elle m’répond je viens de m’purger
J’dois pas sentir les pois d’senteur
Non c’est pas ça qu’tu sens mon cœur

Pétronille tu sens la menthe
Tu sens la pastille de menthe
Tu sens la menthe pastillée
Entortillé
Dans du papier
Papier
Papier
Papier pour aller aux cabinets

[parlé] Iiiih ! Ooooh !
Ah ! qu’c’est bête
Et vous écoutez ça tranquillement
R’gardez moi ça
Moi j’vais aller m’coucher
Au r’voir !

*Armand Fallières (1841-1931) - Homme d’état, Huitième président de la troisième république 1906-1913.

lundi 9 février 2009

Dranem - Le trou de mon quai (version 1906)

Création : 1906 - enregistrement : 1906

présentation : Le trou de mon quai, diction, chanté par Dranem

J’habitais dans une maison près d’la Seine
Ou l’on fait chaque semaine
Des fouilles et des travaux
Pour faire passer le métro
De ma fenêtre tout en fumant des pipes
Je regarde les équipes
Dont les heures sont occupées
A faire un trou dans mon quai
Et si vous voulez mon adresse
C’est pas difficile à trouver
Afin que chacun la connaisse
En deux mots j’vais vous renseigner

Y’a un quai dans ma rue
Y’a un trou dans mon quai
Vous pourrez donc contempler
Et la vue du quai de ma rue
Et du trou de mon quai

L’autre jour j’rencontre un ami de province
Qui m’dit tu tombes bien mon prince
Pour Paris je vais t’montrer
Toutes les curiosités
J’voudrais d’abord voir la galerie des machines
J’lui réponds tu t’imagines
Qu’à Paris y n’y a qu’celle là
J’en ai une plus chouette que ça
Accepte à dîner je t’en prie
Après sans trop nous fatiguer
Je te ferai voir une galerie
Qui certainement va t’épater

Y’a un quai dans ma rue
Y’a un trou dans mon quai
Tu pourras donc t’envoyer
Et le quai de ma rue
Et le trou de mon quai

Mais hélas ici-bas la joie n’est qu’un leurre
Et l’on m’a dit tout à l’heure
Que les travaux d’terrass’ment
Vont s’terminer prochainement
C’est pas drôle pour moi qu’en avait l’habitude
Et ça va m’paraître rude
Quand l’dernier coup d’pelle donné
Le trou d’mon quai s’ra bouché.
Adieu plaisir et rêv’rie nocturnes
Adieu journées d’activités
Comme autrefois seul dans ma turne
Je n’ai plus hélas qu’à chanter

Y’a un quai dans ma rue
Y’a plus d’trou dans mon quai
Et donc pour me consoler
Que la vue du quai de ma rue
Mais j’ai plus d’trou d’mon quai.

Dranem - Le trou de mon quai (Version 1928)

Enregistrement de mars 1928

Présentation :
Je vais avoir le plaisir de vous chanter : « le trou de mon quai », petite chansonnette métropolitaine. Hahahah

Je demeure dans une maison tout près d’la Seine
Ou l’on fait depuis trois s’maines
Des fouilles et des travaux
Pour faire passer le métro
De ma fenêtre tout en fumant des pipes
Je regarde les équipes
Dont les heures sont occupés
A faire un trou dans mon quai
Et si vous voulez mon adresse
C’est pas difficile à trouver
Afin que chacun la connaisse
En deux mots j’vais vous renseigner

Y’a un quai dans ma rue
Y’a un trou dans mon quai
Vous pourrez donc contempler
Et le quai de ma rue
Et le trou de mon quai

L’autre jour j’rencontre un vieil ami d’province
J’lui dit tu tombe bien mon prince
De Paris je vais t’montrer
Toutes les curiosités
J’voudrais d’abord voir la galerie des machines
J’lui réponds tu t’imagines
Qu’à Paris y n’y a qu’celle là
J’en ai une plus chouette que ça
Accepte à dîner je t’en prie
Après sans trop nous fatiguer
Je te ferais voir une galerie
Qui certainement va t’épater

Y’a un quai dans ma rue
Y’a un trou dans mon quai
Tu pourras sans t’déranger
Voir le quai de ma rue
Et le trou de mon quai

Mais hélas ici-bas la joie n’est qu’un leurre
Et l’on m’a dit tout à l’heure
Que les travaux d’terrass’ment
Vont s’terminer prochainement
C’est pas drôle pour moi qu’en avait l’habitude
Et ça va m’paraître rude
Quand l’dernier coup d’pelle donné
Le trou d’mon quai s’ra bouché.
Adieu joie des rêv’rie nocturnes
Adieu journées d’activités
Comme autrefois seul dans ma turne
J’ n’aurai plus hélas qu’à chanter

Y’a un quai dans ma rue
Mais y’a plus d’trou dans mon quai
J’n’ai donc pour me consoler
Que la vue du quai de ma rue
Mais j’ai plus d’trou d’mon quai
Hahahahahaha. ! Ha, c’est malheureux tout d’même ! Hahahahahaha.

Dranem – Romance subjonctive

Enregistrement de 1906

(parlé)
[ ? ? ? ?] une folle maîtresse
très forte sur les subjonctifs
comme le sort voulu que nos amours se brisassent, il fallut que je composasse cette romance pour que mes larmes se séchiassent...se séchassent, Et que mes sanglots s’étoutoufiassent... s’étouffassent.
Avant que je commençasse, je désire que vous écoutarassiez cette romance qui est la plus triste de la celle que vous ouites

De mes caresses vous rougîtes
Puis ensuite vous les suivîtes
Pourquoi faut-il que d’notre passion
A présent nous ricanassions
Tout d’abord vous m’idolâtrasse
Puis avec un autre vous me trompâtes
J’aurais pas cru que vous le pussiez
Et qu’mon rival vous l’aimassiez

Amer, amer destin du cœur
Femme légère que vous fûtes
Vous fîtes hélas pour mon malheur
Toutes les peines que vous pûtes

Il fallait que j’vous écrivisse
Pour que chaque jour je vous vîtes
Pour que vous me soupirassiez
Les mots dont vous m’bassinassiez
Fallait que je m’agenouillasse
Sans que jamais je reculasse
Pour que nous nous adorassions
Et puis que nous nous plaquassions

Amer, amer destin du cœur
Dans l’amour que vous suscitâtes
Vous fîtes germer la douleur
Et ce jour là vous m’épatâtes

Vous n’m’aimiez plus fallait que j’eusse
Assez de force pour que je pute
Prendre mon cœur sans qu’vous le [? ? ?]
Pour pas que vous l’abîmassiez
Combien de cruautés vous eûtes
Que de noirs projets vous conçûtes
Pour que vous m’ensorcellarassiez
Et que vous me poignardassiez

Amer, amer destin hélas
Il fallut que j’vous oubliasse
Votre [? ? ? ? ] m’écervelasse
Pour que jamais je l’répétasse