1942
Paroles et Musique: F.Pearly, P.Chagnon, A.Willemetz, J.Darieux
J' va dire l’histouère d'une jolie fille normande
Qui s'appelait Marie-Lou
Et qu'était futée comme tout
Quand à l'école il fallait qu'elle se rende
Son copain le gars Lucas
Lui disait : on n'y va pas
Faisons l'école buissonnière
J'nous baignerons dans la rivière
Au lieu d'apprendre des leçons
On va prendre des papillons
J' y vas-t-y, j' y vas-t' y pas
J' y vas-t-y ?
Y faut-y, y faut-y pas
Y faut-y ?
Si j'y vas pas le maître il l' verra
Et puis chez moi tout le monde il l’ saura
Mais j' va m'ennuyer là-bas
Si j' y va
Tous les petits oiseaux chantaient
N' y vas pas
Quel beau soleil qu'il dit l’gars Lucas
Viens donc cueillir des lilas
Marie-Lou se dit comme ça
A l'école on y lit, aux lilas on lit pas
J' y va, les gars !
A seize ans elle ne ratait point une danse
Au bal les gars l'invitaient
Et pour elle se disputaient
Elle avait d' la mesure et de la cadence
L' gars Lucas qu'en était fou
Y a dit : t'aime-t-y les bijoux ?
Si tu veux viens d’main toute seule
J' t' attendrais derrière la meule
Dans l' pré au père Léonor
J' te donnerais une bague en or
(parlé) Une bague en or ! Oooh !
J' y vas-t-y, j' y vas-t' y pas
J' y vas-t-y ?
Y faut-y, y faut-y pas
Y faut-y ?
Si j'y vas pas quoi donc y verra ?
Mais si j' y va, quoi qu' c'est-y qui m' fera
La mère elle dit toujours, prends garde aux gars
J'voudrais bien savoir la d'ssous quoi qu' y a
Y m' donnera la bague si j' va là-bas
J’ l’aurons point si j'y va pas
Marie-Lou se dit comme ça
Moi les bijoux j'aime ça
Tant pis j' y va, les gars, J' y va !
Le lendemain leurs deux pères discutèrent
A ton gars, qu'est que tu donneras toi ?
Moi, ta fille quoi qu'elle aura, toi ?
Enfin y sont passés d' vant Monsieur l' Maire
Et après des bons gueuletons,
Des danses et des belles chansons
Chez eux y s' déshabillèrent
Et soufflèrent la lumière
Elle monta dans un grand lit
Hésitant Lucas se dit :
…J' y vas-t-y… j' y vas-t' y pas…
…J' y vas-t-y ?
Tu viens t-y, tu viens t-y pas ?
Qu'elle lui dit
Comme y disait plus rien dans les draps
Marie-Lou dit prend moi dans tes bras
Mais à ce moment là en bas, quel fracas !
Tous les invités appelaient l' gars Lucas
Et sans doute pour qu'il n' s’endorme pas
Lui chantait ce refrain là :
T' y vas-t-y, t' y vas-t' y pas, Lucas
Si t' y vas pas, si t' y vas pas Lucas, j' y va !
T' y vas-t-y, t' y vas-t' y pas, Lucas
Si t' y vas pas, si t' y vas pas Lucas, j' y va !
Pour ceux qui souhaitent en savoir plus sur les auteurs, les interprètes, il existe un site réellement remarquable par sa richesse :
http://www.chanson.udenap.org/
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jeudi 1 mai 2008
Marie Bizet - L’Hôtel des Trois Canards
(1941)
Paroles Ch. L. Pothier, Musique Georges GhestemConnaissez-vous l'Hôtel des Trois Canards ?
Il est dans un petit patelin, quelque part
Comme c'est le seul qu'on puisse y dénicher
Malgré soi il faut bien y coucher
Y a pas d'garage, il faut ranger l'auto
Dans une étable entre une vache et un veau
Et, par les trous qu'il y a dans la toiture
Les pigeons déshonorent votre voiture
Dans votre chambre est un vieux lavabo
Mais le malheur c'est qu'il n'y a pas d'eau
Et pour se débarbouiller le matin
Faut descendre à la pompe du jardin
Connaissez-vous l'Hôtel des Trois Canards ?
Y a des souris qui trottent dans les placards
Heureusement que pour v’nir les chasser
Sous chaque porte un gros chat peut passer
Dans votre lit y a des draps rapiécés
Et du sommier les ressorts sont cassés
Quand on s' retourne ça fait un tel bruit
Qu'on ose pas remuer de la nuit !
Comme dans la cour y a aussi la basse-cour
Un sacré coq vous réveille au p’tit jour
On se rendort, mais d' l'église à côté
Y a la cloche qui vous fait sursauter
Connaissez-vous l'Hôtel des Trois Canards ?
Dans la commode on y trouve des cafards
Y a pas d'rideaux, les volets ferment mal
Devant la f’nêtre il faut mettre un journal
Mais le plus beau, c'est l'moment du repas :
Tout c'que l'on veut, c'est réglé : y'en a pas !
Si vous d’mandez une friture de goujons
On vous sert une omelette à l'oignon
Comme la fontaine est très loin dans l' pays
Et qu'la patronne, afin d' faire son frichti
Avec un seau va puiser dans une mare
Dans l' bouillon vous trouvez des têtards
Aaaah !
Connaissez-vous l'Hôtel des Trois Canards ?
Dans le bistrot d'en bas y a un billard
Mais on n' peut pas y jouer parce que
Y a qu'une bille et ensuite y a pas d'queue
Ahahah !
L'endroit discret n'est pas dans la maison,
Mais à côté d' la cabane au cochon,
Faut une bougie pour s'y rendre la nuit,
Et s'il pleut, faut prendre un parapluie
On a bonne mine !
On quitte l'hôtel disant : C'est pas trop tôt !
Et dans l'étable on va chercher l'auto
Mais le petit veau, prenant ça pour du foin
D’ votre bagnole a bouffé les coussins
Oh !
Connaissez-vous l'Hôtel des Trois Canards ?
Quand on y va, bien plus vite on en r’part
Si par hasard, un jour vous y allez
Tout comme moi jamais vous n'y r’viendrez
Marie Bizet est née Germaine Prévost, à Paris, en 1905. Elle se fait connaître au début des années trente. Sa chanson la plus connue demeurera «L'hôtel des trois canards». Elle a également joué dans plusieurs films entre 1936 et 1957. Elle chante encore dans les années cinquante mais s'éclipse au début des années soixante non sans donner un dernier récital, en 1980, à l'âge de soixante-quinze ans, au théâtre de la Porte Saint-Martin. Marie Bizet est décédé à Couilly-Pont-aux-Dames (Seine-et-Marne) à l'âge de 93 ans, en 1998.
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